Sondre dirigeait une entreprise en Norvège. Quand les affaires ont mal tourné, il s'est retrouvé face à une faillite personnelle. La solution? Quitter le pays. Cette histoire illustre un aspect du droit des sociétés norvégien que de nombreux entrepreneurs ne découvrent qu'une fois qu'il est trop tard: en Norvège, les propriétaires d'une société par actions peuvent être tenus personnellement responsables des dettes de l'entreprise dans certaines circonstances. Cela distingue la Norvège de la plupart des autres juridictions européennes, où la responsabilité limitée est la norme.
Ce qui rend
la Norvège différente En Norvège, les membres du conseil d'administration et le directeur général peuvent être tenus personnellement responsables si la société ne respecte pas les exigences en matière de capital prévues par l'aksjeloven (fr: loi sur les sociétés par actions). Si les capitaux propres tombent en dessous de la moitié du capital social, le conseil d'administration doit convoquer une assemblée générale extraordinaire dans un délai de huit semaines. S'il ne le fait pas, les membres peuvent être tenus personnellement responsables des obligations de la société. Conformément à l'aksjeloven § 3-4 (fr: article 3-4 de la loi sur les sociétés par actions), une société par actions doit disposer d'un capital social minimum de 30 000 couronnes norvégiennes. Si les capitaux propres tombent en dessous de ce seuil, la société doit soit être recapitalisée, soit être dissoute. De nombreux entrepreneurs découvrent trop tard qu'ils ont franchi cette limite. Pour Sondre, cela signifiait que ses finances personnelles étaient menacées par les dettes de l'entreprise. Dans des pays comme le Portugal, l'Espagne ou les Pays-Bas, il aurait été protégé par le principe de responsabilité limitée: la société est une entité juridique distincte, et le patrimoine privé du propriétaire est protégé.
Pourquoi
les entrepreneurs choisissent de partir La Norvège applique une fiscalité élevée sur les revenus du capital (37,84% sur les dividendes et les plus-values en 2026) et des règles strictes en matière de responsabilité personnelle. Pour les entrepreneurs dont l'entreprise est en difficulté, cette combinaison peut devenir insoutenable. Au Portugal, le régime IFICI (fr: régime fiscal incitatif pour les nouveaux résidents) offre un taux d'imposition forfaitaire de 20% sur les revenus étrangers pour les nouveaux résidents. En Espagne, le régime Beckham (fr: régime fiscal pour les impatriés) peut offrir un taux forfaitaire de 24% sur les revenus jusqu'à 600 000 €. Dans les deux pays, la responsabilité personnelle pour les dettes de l'entreprise est rare, sauf en cas de fraude ou de négligence grave. Pour Sondre, le choix était clair: s'installer dans une juridiction où ses finances personnelles ne seraient pas menacées par les résultats de l'entreprise. Il n'est pas seul. Selon SSB (fr: Statistique Norvège), 25 789 Norvégiens ont émigré en 2025, soit une augmentation de 12% par rapport à 2024.
Ce que cela signifie pour
les entrepreneurs norvégiens Le droit des sociétés norvégien est conçu pour protéger les créanciers, pas les propriétaires. Il s'agit d'un choix politique délibéré. La question de son équité est un autre débat. Pour les entrepreneurs qui envisagent de créer une société en Norvège, le message est clair: comprendre les exigences en matière de capital, surveiller les capitaux propres et être prêt à ce que la responsabilité personnelle puisse devenir une réalité. Pour ceux qui sont déjà en difficulté, la relocalisation peut être une solution de dernier recours, mais elle ne résout pas les dettes de l'entreprise, elle protège uniquement le patrimoine personnel. Le Libaros Freedom Score évalue cinq dimensions: le niveau de charge fiscale, la mobilité du passeport, les options de résidence, les droits de propriété et le mode de vie. La Norvège obtient de bons résultats sur la plupart d'entre elles, mais sur les droits de propriété et la convivialité pour les entrepreneurs, le score est pénalisé précisément par ceci: la responsabilité personnelle pour les dettes de l'entreprise est un risque que peu d'autres pays occidentaux imposent à leurs résidents.