L'impôt sur la fortune néerlandais en box 3 reste en 2026 un champ de mines juridique et politique. Malgré les décisions répétées de la Cour suprême selon lesquelles l'ancien système forfaitaire était illégal, il n'existe toujours pas de solution définitive. La Première Chambre examine une nouvelle proposition de loi visant à imposer les plus-values patrimoniales, mais les économistes et juristes avertissent que ce système aussi est vulnérable à de nouveaux procès. Pendant ce temps, les avis de la Cour suprême montrent que les contribuables qui ont formé un recours trop tard n'ont droit à aucune compensation, même si la taxation était illégale. Le débat touche au cœur de ce qui est juste : l'État peut-il imposer des rendements qui n'existent que sur le papier ? Et comment éviter que les inégalités patrimoniales ne s'aggravent, sans que la classe moyenne ne soit touchée de manière disproportionnée ? Libaros présente les chiffres et les développements juridiques de manière ordonnée, sans jugement mais avec tous les faits dont vous avez besoin pour tirer vos propres conclusions.
Pays-Bas
La box 3 impose le patrimoine au-delà de l'abattement (57 000 EUR par personne en 2026, 114 000 EUR pour les partenaires fiscaux) avec un taux qui augmente à mesure que le patrimoine s'accroît. Selon les calculs de l'économiste Bas Jacobs, le taux effectif peut atteindre 54% pour les patrimoines supérieurs à 1 million EUR, selon le rendement réel. Ce chiffre est controversé : les critiques affirment que le taux n'est aussi élevé que pour les faibles rendements, tandis que les partisans soulignent qu'il s'agit de gains sur papier qui ne sont pas toujours réalisés. Source : BNR.nl, 19 mai 2026. En pratique, cela signifie que quelqu'un avec 500 000 EUR sur un compte d'épargne à 2% d'intérêt génère 10 000 EUR de rendement annuel, mais paie environ 4 500 EUR d'impôts, soit un taux effectif de 45%. Pour les investisseurs ayant des rendements plus élevés (par exemple 7% sur actions), la pression est moins forte, mais la loi ne fait aucune distinction entre les classes d'actifs. Cela crée des situations où les épargnants sont plus durement touchés que les investisseurs, ce que la Cour suprême a qualifié d'injuste dans ses décisions antérieures. Un point crucial : quiconque n'a pas formé de recours dans le passé contre l'imposition n'a droit à aucune compensation selon un avis récent de la Cour suprême, même si la taxation s'avérait illégale rétrospectivement. Cela affecte selon les estimations des dizaines de milliers de contribuables qui pensaient que l'État corrigerait automatiquement. Source : Accountancy Vanmorgen, 8 mai 2026. Pour ceux qui envisagent de se relocaliser ou de restructurer leur patrimoine : l'incertitude juridique persiste pour l'instant, et la nouvelle législation peut à nouveau être contestée. Comparez votre situation avec les Pays-Bas →
Perspective : impôt sur
la fortune dans le contexte européen La box 3 n'existe pas isolément. De nombreux pays européens ont aboli l'impôt sur la fortune (Allemagne, Suède, Autriche) ou ne connaissent que l'impôt sur les successions. Le Portugal offre via le régime IFICI (lancé en 2026) dix ans d'exonération de la taxation des rendements patrimoniaux pour les nouveaux résidents fiscaux, à condition d'investir au minimum 500 000 EUR dans l'immobilier ou les entreprises. L'Espagne connaît un impôt sur la fortune (Impuesto sobre el Patrimonio) qui varie selon les régions, avec des taux jusqu'à 3,5% dans certaines communautés autonomes, mais Madrid offre une exonération complète. Pour les HNWI néerlandais qui souhaitent échapper à la pression de la box 3, trois scénarios sont réalistes : (1) émigration vers un pays sans impôt sur la fortune, (2) restructuration via une holding étrangère (en tenant compte du délai de réclamation de 10 ans en cas d'émigration), ou (3) attendre que la législation soit définitive puis agir. Chaque scénario a des implications fiscales, juridiques et de mode de vie qui vont bien au-delà du simple taux d'imposition. Le Libaros Freedom Score évalue cinq dimensions : pression fiscale, mobilité du passeport, options de résidence, droits de propriété et mode de vie. La box 3 affecte surtout la première dimension, mais une décision de relocalisation dépend de toutes les cinq. Celui qui se concentre uniquement sur l'économie d'impôts peut se retrouver dans une juridiction avec une protection juridique plus faible ou un accès limité aux soins de santé. Les chiffres sont clairs, le choix vous appartient.